Comment organiser un trek au Népal ?

By Fanny — Posted in Depaysemoi on

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Grimper jusqu’aux cimes de l’Himalaya est une expérience fabuleuse dont on garde des souvenirs à jamais, mais qui demande néanmoins quelques préparations au préalable.

Comme beaucoup d’entre vous le savent, nous avons effectué le trek de l’Annapurna, donc nous parlons en nous basant sur cette expérience, qui je le pense doit être assez similaire aux autres treks mis à part la montée de l’Everest (le niveau bien au-dessus).
Dans cet article, on partage avec vous tous les conseils auxquels nous avons pu penser pour que soyez plus que prêt et informé pour votre trek ! Que cela soit les préparatifs en amont, ou des informations bonnes à savoir pendant le trek.
On ne vous parle pas de l’itinéraire effectué puisque l’on a déjà créé un article la dessus.

Comment organiser un trek au Népal ?

Le TIMS :

C’est quoi ? :

L’une des choses primordiale pour partir en trek est une autorisation légale. On a tendance à croire qu’il s’agit d’un « permis trek » mais ce dernier n’est plus obligatoire pour les régions les plus fréquentées à savoir celle de l’Annapurna et l’Everest. À la place, il faut demander un TIMS ou « Trekkers’ Information Management System », sous forme d’une petite carte qu’il vous faudra avoir tout du long avec vous lors de votre trek. Ne la perdez surtout pas, et ne la jetez pas avant d’être de retour à Katmandou ou Pokhara, car elle vous sera demandée plusieurs fois au cours du trek lors des « checkpoint » obligatoires.
Son objectif premier est d’assurer la sécurité de son propriétaire afin d’avoir le maximum d’information en cas d’intervention.

Où l’obtient-on ? :

Comme on était basé à Pokhara, nous avons fait les démarches là-bas.
Il faut se rendre au Pokhara TIMS Office, situé entre le Parc Miteri et non loin de l’aéroport.
Si vous passez par une agence, c’est elle qui s’occupera de faire les démarches.

Combien ça coute ? :

Pour le trek de l’Annapurna : 20$ par personne pour l’ensemble du trek, si vous passez par une agence cela coûte 10$ par personne.

Attention :

Chaque trek a un coût différent, par exemple celui de l’Everest est un peu plus cher puisqu’il faut compter 25 000 $…(Le toit du monde ne demande pas qu’un effort physique !)
Si vous passez par plusieurs régions, il faut avoir les permis correspondant.

Comment l’obtenir ? :

Très facile à obtenir, il suffit de se rendre au Pokhara TIMS Office avec :


Une fois sur place, il faut répondre à quelques formulaires, compléter des informations sur votre TIMS, attendre qu’on tamponne et enregistre tout ça, et puis vous pouvez partir avec votre précieux bout de papier !

A savoir :

On vous demandera une date de fin de votre trek, sachez qu’elle n’est pas obligée d’être respectée, le mieux étant de mettre un délai d’un mois pour être tranquille (il me semble, qu’on ne peut pas y rester plus d’un mois et demi ou 2 mois). Néanmoins, être précis dans les informations que vous donnez, permet d’assurer au mieux votre sécurité en cas de problème et nécessité d’intervention.

Trek - Népal

Assurance obligatoire ? :

Je ne peux que conseiller une assurance au moins pour le trek. Je ne sais plus combien d’hélicoptère de secours, on a pu voir. Comprenez que personne n’est à l’abri du mal des montagnes ou même d’une blessure. Si jamais vous en êtes au point où il faut vous évacuer, la facture pique : 15 000€, sans assurance, c’est vous qui devez les sortir !
Vérifiez bien que votre assurance s’applique à la montagne, et qu’elle comprend, évacuation par hélicoptère (il ne faut que cela soit uniquement de la haute montagne) et les secours et recherche. Le mieux étant de demander auprès de votre assurance directement pour éviter toute erreur.

A savoir :

Certaines cartes bleues offrent automatiquement une assurance pendant une certaine période. Renseignez-vous auprès de votre banque pour voir les options possibles.

Combien de temps dure le trek ? :

Entre 10 et 20 jours en moyenne. On a l’a fait en 12 dont 2 jours dans les transports à l’aller et au retour, donc juste 10 jours de marche.
Comme d’habitude, tout dépend du rythme de chacun, des aléas aussi comme de la météo, etc. À moins que votre objectif soit d’en faire un gros challenge sportif, prenez le temps d’admirer ce qui vous entoure, de partager des moments avec les locaux et les autres grimpeurs.
Et puis, un point important, pensez à l’acclimatation ! À plus de 3 400 mètres d’altitude, la norme est de respecter 500 mètres en plus chaque jour. (Ce que l’on a pas vraiment respecté, mais comme je l’ai dit, il faut écouter son corps !)

Quelle est la meilleure saison pour partir en trek ? :

Entre octobre et avril. Il parait que la meilleure période est l’automne donc d’octobre à novembre, car il fait bon, sec et le ciel est presque toujours dégagé.
Pour notre part, nous étions du 28 mars au 8 avril, soit pendant le printemps. Mis à part quelques averses et une journée de pluie, nous avons eu un très beau temps, seul le soir était frisquet !

Les périodes à éviter sont l’hiver, de décembre à février. Pour des raisons assez évidentes : en haute montagne, cela risque d’être dangereux et puis certains cols peuvent être fermés.
Et la période de mousson de mai à septembre surtout de juillet à août où il y a de fortes pluies qui provoquent des glissements de terrain, une abondance de sangsue. En plus, beaucoup de lodges sont fermés.

Organiser son trek auprès d’une agence ?

Certaines agences proposent des forfaits trek avec différentes formules : tout comprit, guide, etc.
Comme vous le savez, ce n’est pas trop notre truc à Nils et moi, mais pour ceux qui préfèrent ces procédés sachez que c’est tout à fait possible. Comparez bien les prix entre les différentes agences pour voir laquelle est la mieux en qualité-prix.

A savoir :

En haute saison, soit pendant l’automne, il semble presque indispensable de réserver ses lodges en avance ! Donc il vaut peut-être mieux se renseigner auprès d’une agence.

Guide ou pas ? :

Techniquement, il n’y a pas besoin de guide. La route est très bien indiquée mis à part quelques exceptions (on a eu 2-3 petites erreurs de parcours). En plus, on croise du monde y comprit des locaux qui connaissent très bien les lieux et sauront vous indiquer le chemin.
Nous avions quand même une carte papier du trek et en plus l’application MapsMe sur le portable.
Après, avoir un guide local peut toujours être une expérience enrichissante pour connaître des nouvelles choses.

Porteur ou pas ? :

Pour nous, la réponse était un non-catégorique. Déjà, nous voulions le faire de nous-même, se dépasser un maximum dans ce trek. Et puis, on avait cette image cliché d’un sherpa courbé en deux sous le poids des sacs de touristes en train de grimper les montées… Pas si cliché que ça puisque l’on en a vu beaucoup, et franchement, respect pour eux ! Après comme toujours, cela dépend des envies et objectifs de chacun.

Faut-il être entraîné ? :

En théorie, presque tout le monde avec au minimum une bonne condition physique peut le faire.
C’est sûr que quelqu’un de sportif aura plus de facilité, mais pas besoin d’être entraîné pour y arriver. Perso, j’ai beau être assez sportive, j’ai quand même galéré les 2 premiers jours ! (Faut dire que j’ai jamais été très bonne en montée).
Le tout est de savoir trouver son propre rythme, et d’écouter son corps.

Quel budget prévoir pour le trek ? :

Prévoyez une bonne somme en liquide, même si à Chame vous pouvez retirer, certaines boutiques ont le payement par carte et vous donneront du liquide en échange (si vous achetez un petit truc dans leur boutique, la commission de 10% passe à 5%).
Sachez que plus vous montez, plus les prix de la nourriture augmentent. Prévoyez de quoi vous faire plaisir si vous voulez acheter des souvenirs (notamment à Manang, où en plus des bonnes choses à manger, on trouve des souvenirs artisanaux magnifique comme des étoffes en laine de yack). Nils et moi sommes partis avec 300€ pour deux, et il nous restait encore de l’argent une fois le trek finit, pourtant on ne s’est pas privés.

Quel équipement emmener ? :

Outre des tenues confortables et adaptées, on vous conseille d’avoir une tenue douillette et chaude pour le soir. C’est tellement agréable de se blottir dans des vêtements dans lesquels on n’a pas transpiré ! Un bon pull et survêtement font l’affaire.
On avait pris un peu de nourriture si jamais c’était trop cher, mais au final, on a donné une bonne partie.
Il peut être bon d’amener quelque chose pour vous distraire ou vous motiver, Nils aime marcher en musique, moi, j’aime lire bien au chaud le soir ! En tout, nos sac pesaient entre 8 et 9 kg. Surtout, car on avait de l’électronique avec nous, et ça pèse vite.

Trek - Népal

Nils :

Trek - Népal

Fanny :

Trek - Népal

Nils :

Électronique :

Accessoires : Alimentation :

Fanny :

Électronique :

Accessoires : Alimentation :

Aucun de nous n’avait de crème solaire, et on l’a un peu payé une fois arrivée dans la partie neige. Heureusement, j’avais du baume à lèvre qu’on s’est appliqué sur le nez et sous les yeux pour avoir un minimum de protection.

Faut-il acheter son matériel de trek sur place ? :

Vous verrez que ce ne sont pas les magasins qui manquent que cela soit à Katmandou ou à Pokhara. Mais pour une grosse partie, la réponse est non. Tout simplement, car on ne peut que vous conseiller de partir avec du matériel déjà utilisé, et auxquels vous avez confiance. Par exemple, achetez des chaussures neuves jamais portées pour votre trek peut vous valoir des mauvaises surprises !
Cependant, on s’est juste acheté :

Conseils pendant le trek :

La météo :

Le trek de l’Annapurna, c’est être sous le bon vouloir de Mère Nature. Si la montagne ne veut pas, et bien, tu ne passes pas. Tu apprends à être observateur pour guetter le moindre changement météo. Et, c’est connu que le temps change vite en montagne ! La preuve la plus flagrante est que nous avons eu la chance de monter Thorung la Pass sous un magnifique soleil, une heure après avoir commencé notre descente, on s’est retourné vers le pic, et il était complètement englouti par des gros nuages gris. On était bien content de ne pas être dedans.
Quelques jours avant qu’on y passe une dizaine de touristes sont morts suite aux mauvaises conditions météo, donc soyez prudent, il ne faut pas oublier que vous êtes en plein dans l’Himalaya. Le mieux est d’écouter les locaux, qui connaissent très bien les conditions, et les changements, s’ils vous déconseillent quelque chose, écoutez les !

Que faire en cas de problème ? :

Prévenez vos proches que vous partez faire le trek, et estimez à peu près le temps que vous allez mettre. Les lodges n’ont pas de wifi ou alors payant (quand cela marche) donc n’ayez pas trop d’espoir de vous connecter !

Les routes de trekkings sont assez fréquentées. Jusqu’à Manang, il y a des jeeps qui font des allers-retours de touristes. En cas de problème, vous pouvez toujours redescendre par ce procédé. On en a vu plusieurs personnes blessées aux genoux notamment qui ne pouvaient plus continuer et qui sont donc descendu en jeep. De Manang, pour redescendre, il faut compter maximum 30 000 roupies (prix sans négociation) soit environ 250€.

Au pire des cas, il y a toujours l’hélicoptère qui peut évacuer. C’est tout de même la solution ultime, mais assez courante vu tout ceux qu’on a vu ! Surtout qu'après Manang, il n’y a plus de jeep, juste des chevaux et des yacks.

Il y a des checkpoint à certains passages clefs où vous devez montrer votre TIMS. D’une certaine façon, cela permet aussi de vérifier que vous êtes bien arrivés à un point.

Prévoyez du bon matériel. Même si je privilégie un sac le plus léger possible, je ne pars jamais sans certains objets fétiches « au cas où » : couteau, de quoi faire du feu, couverture de survie, médicaments, trousse de secours.

Le mal des montagnes :

Qu’est-ce que c’est ? :

Le mal d’altitude, AMS (Acute Moutain Sickness) ou entre MAM (Mal aigu des montagnes), est la conséquence d’une montée en altitude trop rapide.
En altitude, la pression atmosphérique, (donc la densité de l’air) diminue, il y a moins de molécules d’oxygène disponible pour l’organisme dans un même volume d’air. Du coup, lorsque l’on inspire, il y a moins de molécules d’oxygène dans le sang créant l’hypoxie : un manque d'oxygène dans les tissus.
Le mal des montagnes n’est pas quelque chose à prendre à la légère ! Si on n’est pas vigilant, il peut être entraîné la mort.

Qu’elles en sont les causes ? :

Le Mal Aigu des Montagnes est dû la plupart du temps à une mauvaise acclimatation du corps à l’altitude. Vouloir monter trop vite et trop haut sans laisser le temps à l’organisme de s’habituer à la densité de l’air provoque à coup sur le MAM. Après, chaque organisme étant différent, certains s’adaptent plus facilement.

Quels sont les symptômes ? :

Il y a plusieurs étapes, les premiers symptômes qui apparaîtront sont des maux de tête et nausées (qui ne partent pas malgré la prise de médicament), une grande fatigue avec perte d’appétit. Il faut être vigilant dès lors, car ces symptômes sont souvent confondu avec un petit rhume, ou une fatigue dut au trek. S’ils ne disparaissent pas, méfiez-vous et prenez du repos.
Après, le trekkeur peut être victime d’insomnies, de vomissement, de diarrhée, qui peuvent conduire à un œdème pulmonaire (du liquide dans les poumons provoquant essoufflement anormal même au repos, toux sèche, crachats et lèvres virant au bleu) ou un œdème cérébral (du liquide dans le cerveau provoquant des maux de tête encore plus violents, vomissements, trouble de la vue, apathie et autre troubles du comportement comme une certaine confusion, problème de coordination).
Ces derniers peuvent provoquer la mort en quelques heures s’ils ne sont pas traités ! Il faut amorcer la descente dans les 6h qui suivent les premiers symptômes d’un œdème pulmonaire, et dans les 12h pour l’œdème cérébrale.

Attention :

Continuer pour réussir, peut vous coûter la vie, ou une évacuation par hélico dans les meilleurs des cas. C’est un peu ironique de ma part sachant que je suis du genre acharnée, mais soyez tout de même prudent. Si vous avez du temps devant vous, prenez le pour laisser votre corps s’adapter.

Qui peut être touché ? :

Tout le monde. Le mal des montagnes frappe n’importe qui, peu importe son âge, poids, physique, sportif ou non.
Personnellement, je n’ai pas été touché du tout, j’étais même très à l’aise en haute altitude (moment d’auto-gloire) et Nils a juste payé son côté fumeur qui lui a valu une bonne toux. Selon certains médecins, la rapidité avec laquelle le corps s’adapte à l’altitude est génétique, on est donc sur de la loterie ! Avoir le mal d’altitude n’aurait rien à voir avec la forme physique.

Comment lutter contre le mal des montagnes ?

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