La vérité derrière les balades à dos d'éléphant

By Fanny — Posted in Depaysemoi on

Depaysemoi Thaïlande Animaux

J’ai beaucoup hésité à faire cet article, déjà, car je m’emporte vite, et c’est dur de traiter d’un tel sujet sans juger ou donner le sentiment d’interdire, ce qu’avec Nils, on ne veut surtout pas faire.
J’avais fait une 1re version de cet article, juste après être rentré d’une balade à Ayutthaya en Thaïlande où l’on a assisté à la maltraitance des éléphants en direct, mais la colère et la tristesse étaient bien trop présentes pour faire un article qui n’avait pas une connotation révolutionnaire.
Quelques mois ont passé depuis, et même si mes sentiments n’ont pas changé, j’ai repris le contrôle sur eux, et je suis maintenant capable d’écrire quelque chose qui est plus informatif que moralisateur.

Pourquoi on ne fera jamais de balade à dos d’éléphant ?

Notre expérience :

Avant tout, il faut savoir que cela ne concerne pas que la Thaïlande, mais les balades d’éléphant en général. Notre expérience s’est déroulée à Ayutthaya, mais malheureusement, ce n’est pas une singularité de ce coin-là.

J’avais déjà vu des reportages avant même que l’on commence notre vie de nomade sur la triste réalité qui se cache derrière ces balades à dos d’éléphant, et j’en avais parlé à Nils qui partageait mon opinion.
Cependant, savoir et voir sont deux choses différentes. Et rien n’aurait pu nous préparer à cela. Alors qu’on se balade tranquillement, on tombe sur un groupe d’éléphant marchant à la file indienne et portant chacun plusieurs touristes sur le dos. Ils passent tout près de nous, et jamais on n’a vu si peu de vie dans les yeux d’un être vivant. C’est simple, il n’y a plus rien du tout, on aurait juste dit une horde de zombies répétant mécaniquement les gestes qu’on leur demande.
On décide de les suivre, un peu hypnotisé par ces immenses créatures, si imposantes et belles. On finit par arriver au lieu d’embarquement pour ainsi dire, là où l’on peut voir les éléphants attendre la prochaine vague de touristes à porter.

Un éléphant dans son habitat naturel passe presque toute sa journée à boire à manger, sans oublier qu’ils se couvrent de poussière et de boue pour se protéger des rayons du soleil. Mais là, ils ne peuvent pas. La plupart des éléphants sont assoiffés et n’ont qu’un tonneau d’eau pour se rafraîchir. Ils sont laissés attachés sous une chaleur étouffante et il est facile de comprendre au vu de leur comportement qu’ils sont complètement névrosé.
Tous les éléphants portent des marques de blessures (qui sont la plupart du temps cachés habillement aux touristes).
Au bout d’un moment, on se retrouve tout proche de l’un d’eux, qui tend sa trompe vers nous, son regard vide nous brisant le cœur. On partage une caresse, et il ne nous lâche pas. On aimerait tellement pouvoir lui donner à boire ou à manger, mais nous n’avons rien. Tout ce qu’on peut faire, c’est lui donner le plus d’amour possible pendant cet échange.

Nils filme tout depuis le début, on est écoeuré et je sens les larmes me monter aux yeux. Je suis autant en colère que triste, et là comme si cela ne suffisait pas, on entend un cri de douleur, à quelques mètres de là, un « dresseur » commence à battre son éléphant gratuitement. Complètement abasourdi, Nils continue de filmer et s’approche même.

On finit par être repérés, et ils voient notre manège. Ils commencent à crier et à faire de grands gestes vers nous. On échange un coup d’œil entre nous et on file rapidement comme si de rien n’était. La vérité est qu’on a dû les semer dans les rues de la ville, car ils nous ont suivis pour essayer sûrement de nous faire supprimer notre vidéo. Dans le doute, on ne revient pas tout de suite à notre guesthouse.

Alors qu’on marche, Nils essaye de me consoler comme il peut, mais lui aussi à le cœur gros. Je ne comprends pas comment cela peut exister encore, comment les touristes, les gens ne peuvent pas voir ça. Nils pense que la plupart ignorent la vérité tandis que les autres s’en fichent peut-être. Ma colère et ma tristesse m’aveuglent, je ne comprends toujours pas comment on peut ignorer cela. Aujourd’hui tout se fait par internet, j’ai vu bon nombre d’articles ne serait ce que sur Facebook qui parlait de ça.
Maintenant, je me dis qu’il faut continuer à en parler, à diffuser, à partager. Même si on ne cautionne pas, les gens qui souhaitent pratiquer cela doivent le faire en connaissance de cause. Encore aujourd’hui, je me sens impuissante face à cette situation, mais cela a d’autant plus renforcée ma conviction dans des organismes qui luttent contre cela quotidiennement !

Nous avons longuement hésité à rajouter la vidéo que nous avons filmée à cet article, et puis nous avons décidé de ne pas le faire. Déjà pour ne pas entretenir cette sorte de fascination pour le drame et le tragique. Et puis si après cet article vous allez fouiner sur le net, vous allez en voir assez pour vous écoeurer à vie. Nous ne voulons pas que cela soit une vidéo qui fournisse la preuve de ce que l’on avance ou qui vous décide à prendre votre décision. Et puis je sais que cela peut paraître complètement idiot, mais ne pas la diffuser me donne l’impression de ne pas refaire vivre ça à cet éléphant.

Comment lutter contre cela ?

Je ne sais pas si ce n’est dû qu’à cela, mais si cela continue, c’est que cela rapporte beaucoup d’argent. Les balades à dos d’éléphant font partis des activités les plus fructueuses économiquement aux pays qui en proposent. C’est donc nos actions à nous qui comptent, et si oui ou non nous voulons participer à cela. Voici quelques alternatives pour lutter de façon responsable contre ça :

D’ailleurs, cela vaut aussi pour ces attractions où l’on vous propose d’approcher, et même caresser des tigres. Ces pauvres animaux sont complètement drogués pour les rendre « dociles ». Il est assez évident qu’un tel prédateur ne se laisserait pas manipuler si facilement dans le cas contraire… Et cela reste la partie la plus « soft » de l’histoire.

Pour en savoir plus :

Cette torture, c’est ce qu’on appelle le phajaan, qui consiste à torturer l’animal dès son plus jeune âge. Une torture qui se poursuit tout le reste de leur vie pour maintenir cette peur constante envers l’Homme. Aucune complicité ne se crée, ce n’est pas du dressage, mais de la torture et seule la peur en naît.
Si vous épluchez un peu le net vous verrez que certains éléphants « craquent » et finissent par s’emballer au cours d’une balade tuant les personnes qu’ils transportent.

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